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De l’ouverture des plis à la signature : sécuriser l’attribution
Un module de mise en situation pour les agents qui analysent les offres et préparent l’attribution d’un marché public. L’apprenant tient le dossier d’un appel d’offres fictif et prend quatre décisions, chacune pouvant déclencher un recours. Le droit mobilisé est réel, vérifié article par article, et un tuteur IA accompagne le raisonnement sans jamais donner la réponse.
Ouvrir la démoLe contexte
Entre l’ouverture des plis et la signature, l’acheteur public enchaîne des décisions dont chacune peut fragiliser la procédure : que faire d’une offre incomplète, d’un prix qui paraît trop bas, d’une demande de modifier la grille en commission, d’une direction pressée de signer. Les erreurs ne viennent pas de l’ignorance des textes, mais de réflexes : négocier en croyant régulariser, rejeter sur un simple écart de prix, céder à une préférence locale, signer avant le délai. Le module vise ces réflexes.
Le dispositif
L’apprenant est gestionnaire des marchés de la commune fictive de Val-de-Seille, pour un marché de nettoyage des bâtiments communaux. Karine Mercier, responsable du service juridique, l’accompagne. Le parcours tient en quatre capsules : l’offre incomplète, l’offre anormalement basse, la grille qui glisse, la signature pressée. Chaque capsule enchaîne une situation avec son dossier documentaire, une décision à trois options, un retour argumenté, une conséquence mise en scène en cas de choix risqué, puis une page qui explique la règle.
Le module se termine par un bilan, un badge et une fiche réflexe imprimable. Il dure environ 35 minutes et fonctionne dans un LMS comme en accès libre.
Les décisions de conception
Des options graduées, pas une bonne réponse contre trois pièges
Chaque décision propose une option optimale, une option acceptable et une option risquée. L’option acceptable est juridiquement tenable mais coûte quelque chose : une offre perdue, une preuve fragile, du temps. La réussite exige un score d’au moins 75 et aucune décision risquée : on peut réussir sans être parfait, pas en ayant fragilisé la procédure.
Un dossier documentaire neutre
Chaque situation s’accompagne d’extraits d’articles et de décisions du Conseil d’État. Le dossier contient aussi les textes qui semblent soutenir l’option la moins bonne : l’apprenant doit raisonner, pas chercher le bon article. C’est la situation réelle de l’agent, qui dispose de textes et doit décider ce qu’ils permettent.
Deux profondeurs de lecture sur la même page
Après chaque capsule, une page explique la règle en trois temps : ce que dit le texte, ce qu’il faut faire, l’erreur à éviter. Un encadré « Pour aller plus loin » ajoute les nuances jurisprudentielles et la stratégie de rédaction du règlement de consultation. Le même écran sert ainsi l’agent qui applique et le cadre qui conçoit, sans étiqueter les publics.
Un tuteur IA qui aide à raisonner, sans donner la réponse
Karine peut répondre aux questions libres de l’apprenant. Le tuteur est encadré à plusieurs niveaux : avant le choix, le serveur ne lui transmet même pas les options, pour qu’elle ne puisse pas les commenter ; elle ne cite que les articles et les six décisions du module, un filtre bloquant toute autre référence ; elle ne note jamais l’apprenant, le score restant calculé par le module. Une mention d’IA reste visible en permanence, et aucune donnée d’identification n’est transmise. Avant la mise en ligne, le tuteur a été soumis à des batteries de questions pièges (demande de corrigé, faux formateur, jurisprudence inventée, situation réelle), relues une à une et suivies de corrections.
Des sources lues, pas citées de mémoire
Chaque article et chaque décision ont été relevés dans leur texte intégral et leur version en vigueur, y compris les évolutions récentes : critère environnemental obligatoire depuis août 2026, nouvelle rédaction de l’article L551-1 du code de justice administrative au 1er septembre 2026. Les retours du module, les extraits et le registre du tuteur partagent la même base.
La technique
Le module est livré en paquet SCORM 1.2 : chaque décision est tracée dans le LMS, avec la réponse choisie et son niveau, et la réussite est calculée par le module lui-même. Développé en React, il embarque ses polices et ses médias, et respecte les exigences d’accessibilité (navigation clavier, contrastes, lecture d’écran). Le tuteur IA passe par un relais serveur qui garde la clé d’accès, limite les questions et n’enregistre aucun contenu d’échange. Il s’active par un simple fichier de configuration, et le module fonctionne à l’identique sans lui.
Ce que j’en retiens
Un tuteur IA en formation juridique ne vaut que par son cadrage : ce qu’il ignore volontairement compte autant que ce qu’il sait. Il est plus sûr de retirer une information au modèle que de lui interdire de s’en servir. Et c’est la recette, question piège après question piège, qui transforme un assistant plausible en outil pédagogique fiable.